sobota, 10 stycznia 2009

La Délégation Saint Joseph du Congo(1979-2004)

UNE PAGE DE NOTRE HISTOIRE

La Délégation Saint Joseph du Congo(1979-2004)

D’aucuns s’attendaient depuis longtemps à lire l’histoire de l’Ordre des Carmes Déchaux au Congo, à l’occasion du vingt-cinquième anniversaire de l'existence de la Délégation. Cette histoire est très riche d'événements ; elle implique de nombreux protagonistes, dont certains sont déjà morts. Cette histoire ne se réduit pas à quelques témoignages verbaux ni à la vérité des faits contenue dans nos archives ; elle se poursuit et ne pourra être pleinement saisie que plus tard. En ce qui nous concerne, nous vous proposons une tranche de cette histoire, une vue panoramique que pourront compléter d’autres personnes peut-être plus informées que nous. Ce dont nous sommes sûr, quelle que soit la forme, vous ne manquerez pas de découvrir comment le Carmel a pris racine et comment il progresse aujourd’hui. Votre contribution pour assurer sa survie plaira à Dieu et à son Eglise.


1. Nos origines

C’est du vivant de Thérèse et de Jean de la Croix que l’Afrique a été désignée comme terre de mission pour le Carmel Thérésien. En effet, le 5 avril 1582, la première expédition missionnaire de l’Ordre partit de Lisbonne(Portugal) en direction de l’Afrique. L’histoire retiendra que « nos frères missionnaires de la première heure étaient au nombre de cinq : le P. Antoine de la Mère de Dieu , le Père Jean des Anges, le P . François de la Croix, Frère Sébastien des Anges et Frère Diego de St ; Bruno(…) Cette expédition n’est pas arrivée jusqu’en Afrique, parce que le bateau a fait naufrage et que tous nos missionnaires ont péri. La seconde expédition missionnaire qui a levé l'ancre du même port de Lisbonne en Avril 1583 n'a pas non plus atteint son but. Le Seigneur ne les a pas choisis comme ouvriers de sa maison (Lc10,2), ni comme semeurs sur une bonne terre,(Mc 4, 7), mais il les a voulus tels que le grain de blé qui meurt et porte beaucoup de fruit » (Jn 12,24).[1]

Malgré les deux échecs, une très belle page de l’histoire du Carmel Thérésien s’ouvrira pour couronner le rêve missionnaire. Ce fut le 28 Octobre 1584 que trois Carmes firent leur entrée solennelle à Mbaza Kongo, la capitale du royaume Kongo. Celui-ci s’étendait grosso modo sur trois pays : la partie septentrionale de l’actuel Angola, l'actuelle Province du Bas – Congo (République Démocratique du Congo) et sur la partie méridionale du Congo- Brazzaville. Il s’agit des Pères Diego du Saint Sacrement, Diego de l’Incarnation et du Frère François de Jésus.

Les renseignements recueillis précisent que, durant deux années (Octobre 1584-Mars1587), nos missionnaires ont exercé leur apostolat dans la capitale et dans les provinces de Mbata, Mpangu et Nsundi. En peu de temps, on sait que les pionniers avaient réussi à s’adapter à la situation du pays : climat, langue, mœurs, maladies et à l’apostolat missionnaire, en réalisant parfaitement la consigne reçue de leur Provincial, le P. Gratien : « Pour ce qui est des devoirs de l’Ordre et des prescriptions de nos Constitutions, adaptez-vous aux temps et aux lieux où vous vous trouverez en cherchant à vous consacrer au salut des âmes . »

L’extraordinaire ouverture des Kongolais à l’Évangile amènera ces missionnaires à retourner en Espagne pour y chercher d'autres ouvriers apostoliques. A cause de controverses doctrinales autour de la conception de la mission du Carmel, cette admirable démarche resta sans succès.

« Néanmoins, il ne fait pas de doute que l’esprit missionnaire du Carmel réformé ait contribué puissamment à la fondation de la congrégation de la Propagande de la Foi en 1622. L’éphémère mission des Carmes au Royaume du Kongo (Septembre 1584-Juin 1586), à travers ses succès et ses échecs, a constitué comme un catalyseur du mouvement missionnaire qui sera déclenché et animé par le Saint – Siège au moyen d’un nouvel organisme au service de la propagation de la foi qui recevra le nom de « Sacrée Congrégation de Propagande Fide, dont l’objectif avait été formulé par le Carme Déchaux, Thomas de Jésus, dans son ouvrage « De Procuranda salute omnium gentium » publié à Anvers dès 1613 »[2]

Si on s’arrête à cette conclusion, il y a risque de croire que l’échec a été définitif. Il n’en sera jamais question pour les fils spirituels de Thérèse de Jésus, appelés à la détermination ! La passion thérésienne pour les âmes, allumée au contact de l’histoire de l’Eglise de son temps, fut à l’origine de la première expédition missionnaire du 5 avril 1582; elle fut également à l'origine de l’élan missionnaire qui a suivi cette première expédition en suscitant dans le Carmel Thérésien de nouvelles expéditions missionnaires jusqu'à nous.

2. Un nouveau tournant de l’histoire

Le Carmel thérésien est revenu au Congo en 1934. Cette année a marqué l’arrivée des Sœurs Carmélites cloîtrées. Mais les premiers Carmes Déchaux, d’origine flamande, arriveront à leur tour le 15 Avril, un samedi après Pâques 1958, à Luluabourg( actuelle ville de Kananga). Cette date est donc la date de la fondation de la Paroisse Notre Père, à Kananga (Kasaï Occidental), où se sont s’installées depuis lors les deux branches du même Carmel thérésien. Les textes relatifs à cette implantation vous seront proposés dans d’autres pages. Le 15 janvier 1966, d’après le témoignage du P. Celedonio Allende, trois premiers Carmes quittaient également l’Espagne pour Goma (Nord – Kivu) à l’Est du pays. Ils y arrivaient effectivement le 18, soit trois jours après l’embarcation[3]. Issus de la Province de Castille (Espagne) , nos Confrères avaient pris en charge la pastorale de deux paroisses : Masisi et Nyakariba. Les témoins retraceront l’histoire de cet apostolat. On sait aujourd’hui que le Diocèse de Goma (Nord Kivu) ne nous a laissé que la Paroisse Notre Dame du Carmel, à Katindo.

En 1977, la communauté de Kananga a accueilli les deux premières vocations, Ignace Muamba et Pierre Mutanga, qui commencèrent leur noviciat en 1979. C’était déjà le début d’une ère nouvelle. On s’en rendra compte en parcourant la correspondance échangée par le P. Philippe Sainz de Baranda avec les différents acteurs œuvrant sur place au Congo.

Ce qu’il faut retenir d’essentiel est qu’en 1981, le Définitoire Général attribue à la Province romaine le Noviciat de Kananga érigé en 1979, pour en faire une maison de formation commune pour tout le Congo démocratique( Zaïre, à l’époque). Placée sous le Haut Patronage céleste de Notre-Dame du Mont Carmel, cette maison fut soumise directement au Définitoire( cf. C 147, deuxième partie et NA 155, première partie). Qu’il suffise de relire les lettres du P. Philippe Sainz de Baranda, pour mesurer les enjeux de cette décision.

Bien avant la bénédiction de la première pierre du noviciat, l’ancien Préposé général s’est adressé à tous les frères Carmes Déchaux Missionnaires au Zaïre en ces termes : « L’érection du nouveau noviciat, avec une structure adaptée pour une efficace promotion des vocations et dans de bonnes conditions pour former la première génération de Carmes Déchaux zaïrois, signifie tout d’abord l’engagement définitif du Carmel thérésien avec l’Eglise et le peuple du Zaïre. Autrement dit, cela signifie se lier pour toujours à leur destin humain et chrétien. Et cela comporte tout ce qu’implique l’acceptation et l’insertion d’un jeune dans notre vie[4]. »

N’oublions surtout pas que 1979 marque la réalisation d’un vieux projet. Sebast Vanderstraeten, d’heureuse mémoire, l’a établi à la lumière de ce que contiennent sur ce sujet les archives des carmes flamands.

« Je trouve, dit-il, dans la documentation, la description d’un couvent à construire et un devis complet fait par l’architecte Guy Sibenaler, daté du 25 avril 1960. Nos Pères ont prévu, dès le commencement, la possibilité d’ouvrir un noviciat. On prévoyait 20 cellules et tout le nécessaire pour un couvent formé. Dans la description de la mission Ntambwe qu’on avait voulu donner avant tout à nos Pères, on mentionne déjà la possibilité de fonder un noviciat et un scolasticat. Pour les années suivantes, il n’y a pas grand'chose à mentionner. Dans deux lettres, on parle de quelques candidats qui pourraient devenir novices et on discute de la formation à donner. Le Père Boniface en Belgique ne veut pas qu’on envoie les novices en Europe. Mais le Père Général ne veut pas qu’ils soient formés dans les maisons d’études qui n’appartiennent pas à l’Ordre du Carmel… »[5]

C’est également Sebast qui précise avec affection et reconnaissance les noms des pionniers :« ma pensée se porte vers les deux confrères qui, en 1979, formèrent avec moi et les deux novices cette petite communauté. C’est en premier lieu le Père Marcellino Forcellini(…). Sans lui, ce jaillissement de vie carmélitaine n’en serait pas là. On doit en dire autant du Père Michel Gutierrez(…). A travers eux, je pense à tous les confrères et à toutes les consœurs des différentes Provinces carmélitaines qui, depuis 1958 jusqu’à maintenant, ont contribué et contribuent de quelque manière à la vie de ce Carmel d’Afrique ».

Quant au Supérieur Général, en encourageant la formation des autochtones, il était convaincu que « Dans une nation nouvelle, une vocation du lieu même est un terrain où la grâce du charisme d’un Institut Religieux est semée afin qu’elle soit pour toujours de cette terre et fructifie en elle selon la fécondité de celle-ci. »

Plus loin, dans la même lettre, il écrit : « L’érection du nouveau noviciat coïncide avec le IVè centenaire de la mort de Notre Mère Sainte Thérèse et avec le IVè centenaire de la première expédition missionnaire du Carmel thérésien. A la lumière de ces commémorations historiques,(…)le nouveau noviciat apparaît comme le plus grand monument que nous avons été capables d'ériger en l'honneur de notre Sainte Mère et des premiers Missionnaires Carmes Déchaux en Afrique. »

Et lorsque le Définitoire a eu à prendre sous sa juridiction directe le noviciat, le Père écrit : « Le 30 septembre 1981, le Définitoire Général a jugé opportun de prendre sous sa juridiction immédiate le noviciat de Kananga, de le déclarer noviciat commun pour toutes les vocations qui pourront surgir au Zaïre, comme il a déterminé qu’à partir de cette date tous les Carmes Zaïrois se trouvent sous la responsabilité directe du même Définitoire. Ces décisions, qui constituent certes une certaine nouveauté dans l’histoire de l’expansion de l’Ordre, ont des objectifs précis ».

Sans trop tarder, en 1983, la maison de Kinshasa, le Theresianum, sera canoniquement érigée et soumise également au même Définitoire. Rappelons que la première pierre de fondation fut posée le 29 novembre 1982, la bénédiction de la chapelle et des locaux, le 14 octobre 1986 et l’ouverture du Centre de spiritualité le 15 octobre 1988. Il conviendra de relire le message du Préposé Général de l’Ordre daté du 7 octobre 1988, à l’occasion de l’inauguration du Theresianum pour en mesurer l’enjeu..

« C’est (…) sous le regard de la Santa Madre qu’est inauguré aujourd’hui, 15 octobre, en la solennité de sa fête, l’Institut de Spiritualité du Theresianum de Kinshasa. Cette inauguration, précise-t-il, marque une étape essentielle sur le chemin de l’implantation thérésienne au Zaïre, depuis ce jour de novembre 1982 où a été posée et bénie la première pierre de cet ensemble nommé Theresianum, qui a pour triple fonction d’être un scolasticat de Théologie pour les Carmes de l’Afrique francophone, un Institut de spiritualité au service de l’Eglise du Zaïre et au-delà, une Maison de retraites spirituelles qui ouvrira ses portes l’an prochain. »

C’est à ce moment que, pour mieux pourvoir aux objectifs de la formation et assurer l’entente, l’union et la continuité entre les deux maisons ( Kinshasa et Kananga), le P. Philippe Sainz de Baranda, alors Préposé Général de l'Ordre, nommait un représentant personnel comme « Délégué »( cf. NA 163 et 22O). L’intérêt accordé à ces deux maisons se laisse lire à travers la lettre que le Supérieur Général adressa aux Pères et aux Frères des communautés de Kananga et Kinshasa le 13 janvier 1986 : « En tant que Centres uniques de formation de nos candidats pour toute l’Afrique francophone, disait-il, nos maisons de Kananga et de Kinshasa constituent les premiers fondements de l’expansion et de l’enracinement du Carmel Thérésien dans ce continent. C’est pourquoi l’Ordre et surtout le Définitoire attachent une très grande importance à leur développement et à leur bonne marche. Il tient à manifester toute son estime et sa reconnaissance aux Pères qui se dévouent à cet éminent service malgré des difficultés dues au climat, au manque de personnel et aux conditions matérielles de vie (constructions en cours, questions économiques…) »

Le Père Marcelino Forcelini, que nous appelons, avec raison « le Patriarche », fut nommé « Délégué du Général ». C’est lui qui a appliqué sur place toutes les décisions de l’Ordre. Il est véritablement à l'origine de l'histoire de la Délégation Saint Joseph du Congo, histoire dont il est resté un des principaux acteurs.

Entre temps, le projet du philosophat de Bukavu placé sous le haut patronage de Saint Jean de la Croix prenait consistance. Ainsi, on doit attribuer au Définitoire ces trois réalisations : Kananga, Kinshasa et Bukavu en Circonscription « ad instar Delegationis provincialis » ( cf. Décret d’érection, 06/ 04/1988), soumise toujours au Définitoire de l’Ordre. La nouvelle configuration de la délégation a été donnée à l'occasion des nominations faites par le Définitoire Général dans sa session 209.

Nous n'allons pas vous perdre dans les détails de l'évolution de l'implantation du Carmel au Congo. Espérant vous donner ces détails en d’autres occasions, nous nous limitons à la présentation du visage actuel de notre circonscription.

La Délégation Saint Joseph du Congo compte, à ce jour, neuf maisons réparties de la manière suivante :

1) Trois paroisses, notamment : Notre Père de Kananga, Notre-Dame du Carmel à Goma - Katindo et Notre-Dame de Fatima (à Brazzaville).

2) Deux couvents ordinaires : Maison Saint Joseph, siège de la Délégation, à Kinshasa et Chèvremont (Liège-Belgique).

3) Trois communautés de formation : les Buissonnets (Noviciat) à Lubumbashi, le Scolasticat Saint Jean de la Croix à Bukavu (Sud-Kivu) et le scolasticat de théologie à Kinshasa (Theresianum).

4) Cinq maisons de retraite, à savoir : le Theresianum (Kinshasa), les Buissonnets (Lubumbashi), le Mont Carmel (Kananga), la Maison Saint Jean de la Croix (Bukavu) et le Beau soleil, maison d’accueil à Brazzaville (à ériger prochainement.

Du point de vue géographique, ces maisons peuvent être classées de la manière suivante : trois maisons à l’Est (la paroisse de Goma, le scolasticat et la maison de prière) ; deux se situent au Sud-Est : le noviciat et la maison de retraite à Lubumbashi, tandis qu’à l’Ouest, nous comptons le Theresianum de Kinshasa (scolasticat et maison de retraite) et la maison Saint Joseph, sans oublier Notre Père et le Mont-Carmel qui se situent au centre du Pays, à Kananga. En face de Kinshasa, à Brazzaville, il y a le Beau soleil et la Paroisse Notre-Dame de Fatima.

Il est facile de deviner qu'étant donné l'immensité de la Délégation, les maisons sont éloignées les unes des autres, ce qui rend difficile leur ravitaillement.

3. Les confrères

Notre circonscription compte aujourd’hui 72 confrères répartis de la manière suivante : 39 profès solennels actifs, 36 frères en formation (dont 22 postulants, étudiants en philosophie, 3 jeunes profès en stage, 4 novices canoniques et 7 étudiants en théologie).

Neuf confrères viennent d’autres provinces : 1 à Kananga, 1 à Bukavu, 1 en Espagne et 6 à Chèvremont (Belgique).


4. Les défis de l’heure et les perspectives d’avenir

La mission qui nous vient de notre vocation dans l’Eglise a été soulignée plusieurs fois par le Pape Jean Paul II : être « dans le monde de ce temps, des guides et des maîtres pour les hommes qui ont soif d’être en communion avec Dieu et de faire l’expérience de Dieu. »( Lettre d’ouverture du Centenaire , 14 octobre 1981)

« Quant aux Carmes Déchaux, disait-il, que Thérèse voulait « ermites contemplatifs »( Lettre au Père Mariano, 121.10.1576) et « hommes du ciel » (Lettre au Père Gratien, 21.10.1576), elle les poussa si bien vers l’apostolat qu’elle les voyait aider les sœurs à marcher dans l’observance de la même Règle qu’eux( cf. Fondations, 2,5- 10,14), annoncer l’Évangile aux pauvres et aux petits( cf. ibid., 14, 8), et faire preuve de leur efficacité pour la théologie et pour la mission. Pour cette raison, elle voulut qu’il y eût parmi eux « des maîtres et des professeurs », car elle savait parfaitement qu’un homme docte ne se trompe jamais dans la direction des âmes( cf. Vie, 5,3) ; elle était bien persuadée que pour avancer dans la voie de l’oraison, le mieux de tout était une vraie science unie à l’humilité. Sainte Thérèse vit cela réalisé chez son premier fils spirituel, saint Jean de la Croix, qui fut un maître dans l'enseignement des voies de Dieu. Il fut le premier à établir la Réforme du Carmel dans le monastère de Duruelo. A son exemple, il faut que les Carmes Déchaux soient, dans le monde de ce temps, des guides et des maîtres pour les hommes qui ont soif d’être en communion avec Dieu et de faire l’expérience de Dieu. C’est la mission qui leur vient de leur vocation. [6]».

Ces paroles furent renforcées dans la lettre du 14 Décembre 1990, à l’occasion du centenaire de saint Jean de la Croix : « Vous rendez certainement un précieux service à l’Eglise par la sollicitude et le soin avec lesquels vous veillez à présenter les écrits et à diffuser le message de votre Père et Docteur de l’Eglise, sollicitude et soin qui se marquent dans les efforts que vous faites pour faciliter la compréhension de sa doctrine grâce à des études solides et à des méthodes pédagogiques pour une première lecture et l’application pratique de ses enseignements. Mais sans aucun doute, la réponse du Carmel Thérésien à sa vocation doit aller bien au-delà : vous devez donner le témoignage fécond d’une riche expérience de vie personnelle et communautaire. Chaque Carme Déchaux, chaque communauté, l’Ordre tout entier, sont appelés à incarner les traits qui resplendissent dans la vie et les écrits de celui qui est comme « l’image vivante du Carme Déchaux » : l’austérité, l’intimité avec Dieu, la prière intense, la fraternité évangélique, le progrès de l’oraison et de la perfection chrétienne, grâce à l’enseignement doctrinal et à la direction spirituelle qui sont votre apostolat spécifique dans l’Eglise. »[7]

Vingt cinq ans, c’est l’âge adulte. Nous ne prétendons pas être parvenus à cet âge. L’instabilité sociopolitique a exercé une influence négative sur l’évolution de notre circonscription. Les forces ont été dispersées et il y a des difficultés à constituer des communautés stables. Certains de nos confrères ont dû quitter le pays, laissant à d’autres de lourdes tâches qui auraient pu être assumées par deux ou trois personnes.

Chez certains membres, on peut noter sur le plan doctrinal et spirituel des lacunes qui mériteraient d’être corrigées grâce à un recyclage supplémentaire. Ces lacunes compromettent parfois nos tâches pastorales. La Délégation a besoin d’un personnel dynamique et bien formé dans plusieurs domaines pour assurer sa survie.

Plusieurs projets sont mis en oeuvre pour remédier à toutes les carences du moment. Comme l’a dit le Préposé Général, le Père Philippe Sainz de Baranda:

« Pour maintenir un dynamisme indispensable à toute œuvre vivante, il importe de nourrir et d’entretenir une confiance mesurée dans la validité de l’œuvre entreprise et dans celle des fruits qu’on est en droit d’en attendre avec la grâce de Dieu. Cet optimisme évangélique repose sur la valeur universelle et permanente du message thérésien, sur la confiance dans les aptitudes naturelles et surnaturelles des Africains à assimiler l’idéal carmélitain et repose aussi sur les besoins spirituels de l’Afrique… »( cf. Philippe Sainz de Baranda, Lettre aux communautés de Kananga et Kinshasa, le 13 janvier 1986).

Conscients de leurs limites, les membres de la Délégation Saint Joseph du Congo sont déterminés à faire mieux là où il y a eu échec. Ils ne sont pas pessimistes. La collaboration de chacun à l’affermissement des structures de formation et d’apostolat est attendue de tous ceux et celles qui aiment l’Eglise et le Carmel. Dieu récompensera les semeurs du bon grain…….

P. Sylvain MUTOKE, O.C.D.

Kinshasa


[1] Philippe Sainz de Baranda, lettre du 5avril 1982, tous les missionnaires, dans Acta ordinis Carmelitanum Discalceatorum, 1982, p.149

[2] François BONTINCK, (C.I.C .M). Les Carmes Déchaux au Royaume de Kongo (1584-1587) dans Zaïre – Afrique, n°262, Février 1992, p.123

[3] CELEDONIO, Les Carmes au Zaïre : 2è partie : Goma dans Carmel Afrique, n°1, p. 24-25

[4] cfr. Acta Ordinis, Anno 27, 1982, p. 138

[5] P. SEBAST, Les Carmes à Kananga. Première période : Les Carmes Belges( 1958-1968) dans CARMEL AFRIQUE, n° 1, 1985, p. 19.( Lettre du 10 janvier 1963, du Père Venantius au P. Hyacinthe, Provincial; Lettre du P. Hyacinthe au P. Venantius. En Novembre 1964, il y eut encore la visite du Provincial Bernardinus Vulsteke…

[6] JEAN-PAUL II, Lettre d’ouverture du IV è Centenaire de la mort de Ste Thérèse d’Avila.

[7] JEAN PAUL II, Maître dans la foi. Lettre apostolique à l’occasion du IVè Centenaire de la mort de saint Jean de la Croix, Docteur de l’Eglise, 14 Décembre 1990. Paris, éd. Pierre Téqui, 1991.

poniedziałek, 25 sierpnia 2008

Les Nouvelles du Carmel Francophone 2008


LA DELEGATION GENERALE SAINT JOSEPH DU CONGO

Dans le cadre de la collaboration entre la Délégation Générale saint Joseph du Congo et la province de Gêne, le Père Renato, Délégué Provincial pour la Centrafrique est arrivé à Kinshasa ce mardi 17 juin 2008 en visite fraternelle pour quelques jours. Il est en compagnie du Père Constantin Kabasubabu, missionnaire carme Congolais à Bangui.

niedziela, 24 sierpnia 2008

Présentation des circonscriptions du Carmel Francophone


LA DELEGATION GENERALE
SAINT JOSEPH DU CONGO

Qui sommes-nous ?


Nous sommes une Délégation relevant juridiquement du Définitoire Général de l’Ordre.

Notre préhistoire remonte à la dernière année de vie de Notre Mère Sainte Thérèse (1515-1582) quand, certainement avec son accord, le premier provincial des Carmes Dèchaux (qui n’avaient encore de statut autonome qu’en tant que province), Jérôme-Gratien de la Mère de Dieu, signa la patente d’expédition missionnaire des carmes thérésiens pour le Congo le 19 mars 1582. Parti de Lisbonne le 5 avril 1582, le navire sur lequel voyageaient nos cinq premiers missionnaires fit naufrage en haute mer.
À peine quelques mois après la mort de sainte Thérèse, en 1583, une autre expédition de cinq missionnaires fut attaquée et pillée par des pirates anglais au niveau du Cap Vert. Elle dut rebrousser chemin.
Une troisième expédition de trois missionnaires arrivera à Mbanza Kongo, capitale du royaume du Congo, en septembre 1584. Il fut reçu par le roi Alvaro 1er (1568-1587). À l’heure actuelle, les informations sur cette mission qui dura peu sont restreintes et fragmentaires, et nous en savons fort peu. Les demandes du retour des fils de sainte Thérèse au Congo ne trouveront réponse que quatre siècles plus tard.
L’histoire reprendra en 1958, avec les Carmes de la Province de Flandre auxquels se joindront plus tard ceux de la province de Rome à Kananga dans le Kasaï occidental, et en 1966 avec les carmes de la province de Castille qui s’implanteront dans le Kivu à l’est du Pays. Kananga abrita le premier noviciat des carmes congolais. Il devint le centre d’où les extensions postérieures (Kinshasa, Bukavu, Brazzaville, Lubumbashi) prirent leur point de départ. Les missions naguère encore détenues par les provinces de Rome et de Castille furent incorporées à la Délégation. D’où l’intégration des paroisses de Kananga Notre Père au Centre du Pays et celle de la paroisse de Katindo (Goma) à l’est. Plus récemment, fait aussi partie de la Délégation l’unique communauté de la wallonie belge, Vaux sous Chèvremont. Outre les frères du Congo (Congo Kinshasa et Congo Brazzaville), les trois premiers prêtres de la Délégation polonaise (Cracovie) du Rwanda et Burundi ont suivi une partie de leur formation dans nos murs. Des Pères appartenant à cette Délégation ont exercé leur ministère chez nous dans le cadre d’une collaboration régionale. Actuellement des carmes congolais sont présents dans d’autres maisons de l’Ordre, que ce soit pour les études ou pour une vie conventuelle ordinaire : Mityana en Ouganda, Chèvremont en Belgique, Madrid en Espagne, Rome en Italie et Würzburg en Allemagne.
D’autre part, il est désormais historiquement établi que la première demande pour la fondation d’un carmel féminin en Afrique fut émise pour la première fois par une fille du royaume du Congo en 1585. Malgré l’engagement de Jean Brétigny de Quintanadoine (1556-1634) dans cette demande, les insistances des rois du Congo Alvaro II (1587-1614), oncle de la requérante) et Ambrosio I Ne Ntumba Mbemba, l’enthousiasme des carmélites d’Espagne et du Portugal pour le projet, ce n’est qu’en 1934 que le Carmel de Kabwe, aujourd’hui transféré à Kananga, fut fondé par Matagne-la-Petite; devenant ainsi le premier monastère de l’Afrique noire.

Quant à l’histoire actuelle, elle est en train d’être écrite par chacun et chacune d’entre nous. Nous l’écrivons avec l’Ordre des Grands carmes qui nous ont déjà donné le bienheureux Isidore Bakanja, martyre de l’amour de Dieu manifesté dans l’intercession de la Vierge Marie en signe de la dévotion à laquelle le port du scapulaire fut une question de vie ou de mort.

Frère Godefroid MASERERI, ocd

ADRESSES
DE DELEGATION GENERALE SAINT JOSEPH DU CONGO


Père Délégué :

Adresse Postale : Rue des Carmélites
N°1 – Kintambo
B.P. 7215 Kinshasa/République Démocratique du Congo
Mail : stjoseph.delegation laposte.net

2. Noviciat Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus
Adresse Postale : Carmel de l’Epiphanie
B.P. 43(Don Bosco)
Av. Mama Yemo 1656
Lubumbashi/République Démocratique du Congo
Mail : lesbbuissonnets@mwangaza.cd

3. Philosophat Saint Jean de la Croix
Adresse Postale : Monastère du Carmel
B.P. 258 Cyangungu/Rwanda
Téléphone du Prieur : 00243 815 185 902
Mail : jbndaye@yahoo.fr

4. Theresianum/Théologat
Adresse Postale : Pères Carmes Déchaux
Theresianum-Institut de Spiritualité
Kintambo-B.P . 7215
Kinshasa 1-République Démocratique
Mail : carmesocdkin@ic.cd


La mission des Carmes Déchaux
au Burundi-RwandaBref
aperçu historique

Introduction

L’Ordre du Carmel est un institut religieux de vie contemplative. Il doit son origine à la communauté des ermites installés sur le mont Carmel en Palestine. Elle fut établie en communauté en 1156, mais c’est en 1209 qu’elle reçut de saint Albert la Règle primitive. Fuyant l’invasion musulmane de la terre sainte, les carmes ont perdu leur vocation première. Ils passent du mode de vie érémitique vers le mode des Ordres mendiants. Sainte Thérèse d’Avila (1515- 1589), avec l’aide de Jean de la Croix (1549-1591) entreprend de renouveler l’Ordre conformément à l’esprit primitif de la première Règle. Le prophète Elie, homme saint et solitaire est l’inspirateur de l’Ordre ; La Vierge Marie est sa Patronne et Protectrice. La réforme de Thérèse a introduit une séparation en deux branches : celle de l’ancienne observance non favorable à la réforme, et celle qui suit la réforme qui devient dès lors le Carmel thérésien. Ses adeptes sont les Carmes déchaux et les Carmélites déchaussées. Nous allons parler de la présence de ceux-ci et de leur apport spécifique à l’église du Rwanda. Ils sont présents dans deux diocèses : Butare et Ruhengeri. Voyons d’abord les éléments de leur charisme.


Le charisme thérésien

Le premier chapitre des Constitutions des Carmes déchaux récapitule les éléments essentiels du charisme thérésien. Le projet de Thérèse est de restaurer un Carmel tout entier tendu vers la prière et la contemplation des choses divines, fidèle à l’évangile et à la Règle primitive, composé de membres peu nombreux et choisis à l’instar du petit troupeau de l’Evangile, fondé sur la vie retirée, la prière et la stricte pauvreté (voir n°5 des Constitutions). Elle crée, pour ainsi dire un genre de vie basé sur l’oraison, et lui donne de nouvelles intentions apostoliques qui orientent toute la vie du Carmel réformé dans un service spécifique de l’Eglise. La contemplation et l’action se compénètrent mutuellement. Le silence, la solitude et l’austérité offrent un climat favorable et indispensable pour une vie contemplative. Saint Jean de la Croix est la vivante image du vrai Carme. Dans sa vie comme dans ses actions et son enseignement resplendit la vocation du Carmel réformé.Le Carmel est tout entier marial. Le titre officiel « Ordre des Frères de la Bienheureuse Vierge Marie du Mont Carmel » situe ses membres dans une relation particulière de fraternité avec Marie sous la protection de laquelle ils recourent. Le signe extérieur de la dimension mariale du Carmel est le scapulaire.

L’âme de tout apostolat

Pour parler du Christ, il faut en vivre.
Il faut se le dire, comme nous l’enseigne Dom Chautard, « le message évangélique ne se réduit pas à l’énoncé de vérités à croire, de vertus à pratiquer et de sacrements à recevoir ; il engage toute la personne et doit se traduire dans la vie quotidienne de celui qui enseigne, sinon ses efforts resteront à peu près stériles ». Pour parler du Christ, il faut vivre de lui. C’est là d’ailleurs le vrai problème de l’évangélisation. Il ne s’agit pas d’abord de doctrine, mais de la personne vivante et présente du Christ. Car « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croît en lui ne se perde pas, mais ait la vie éternelle » (Jn 3, 16) Comment parler du Christ avec conviction si on n’a pas le cœur et l’esprit remplis de lui ? Comment prétendre former le Christ chez les autres s’il n’est pas d’abord et avant tout formé en nous-mêmes ? Il n’y a qu’une solution : se consacrer totalement à Dieu, puis se tourner vers le prochain.
Tout à Dieu et tout aux autres
La vie d’union à Dieu et l’activité de l’apôtre sont indissociables. De même que l’amour de Dieu se révèle par la recherche de son intimité, ainsi l’amour du prochain se manifeste par une activité en sa faveur. Il en résulte que l’intimité avec Dieu est inséparable de l’apostolat en faveur du prochain. Dom Chautard dira que « loin d’être antagonistes, la vie contemplative et la vie active sont deux sœurs inséparables. Elles s’appellent l’une l’autre, elles se supposent et se complètent ». L’on ne peut pas se passer de Dieu et communiquer aux hommes la vie divine. Le médecin peut guérir des malades sans se bien porter, mais pour soigner les maladies de l’âme, il faut une réelle santé morale. Parler de la prière sans en vivre, prêcher la charité sans la pratiquer, recommander la douceur et l’humilité sans donner l’exemple, autant emporte le vent ! L’apôtre n’est pas le propagandiste d’une idée ou d’un système, mais le témoin de l’amour de Dieu pour tous les hommes. Il laissera Dieu agir par lui : son action sera le rayonnement de l’amour et de la bonté de Dieu.
N’est-ce pas là ce que Sainte Thérèse d’Avila recommande à ses fils et filles ? Elle veut que dans l’Ordre, la contemplation et l’action se compénètrent mutuellement. Il faut brûler et briller, car, comme dit saint Bernard, « la parole émeut, l’exemple entraîne » (Verba movent, exempla trahunt). Ainsi, pour mettre l’incroyant en présence de l’Evangile, il faut l’amener à lire dans ta vie (ton témoignage). C’est la pré-lecture qui le prépare à la lecture de l’Evangile dans le texte. Comment le frère carme arrive-t-il à marier la prière et l’action concrètement ?

L’activité missionnaire des Frères Carmes au Rwanda

Il va sans dire que l’apostolat doit s’inscrire dans le cadre du charisme propre de l’Institut. Il est en effet requis à un carme de « donner au monde un témoignage de l’Absolu de Dieu et de la vanité des choses terrestres, par la prière et des activités apostoliques qui soient le fruit de cette union avec Dieu » Numériquement, l’apostolat des Frères au service de l’Eglise au Rwanda s’exprime en ces points : apostolat de vie de prière personnelle et communautaire ; une assistance spirituelle auprès de leurs sœurs carmélites ; une assistance aux groupes scapulaires qui augmentent du jour au jour ; l’accompagnement spirituel et le service de la réconciliation ; offrir aux hommes d’aujourd’hui des lieux de silence et de solitude pour un partage de la vie de prière ; la parole de Dieu, la vie spirituelle en général et la méditation en particulier enseignée sous diverses formes ; retraites et récollections ; groupes de prière et cours d’oraison.

S’agissant de l’apostolat des retraites et récollections, la maison « Mater Carmeli » de Butare est un lieu privilégié de prière. Elle offre un climat de silence et de solitude aux personnes en quête de la rencontre et de la communion avec Dieu. En plus des chapelles, il y a un jardin vaste et aménagé pour prendre le souffle vital. Les Pères se disponibilisent pour administrer les sacrements à ceux qui le demandent spontanément. Chaque deuxième dimanche du mois est une journée de récollection aux religieux et laïcs qui le désirent.
Le groupe scapulaire offre aux laïcs la possibilité de participer au charisme thérésien. Le port du scapulaire matérialise leur dévotion à la Vierge Marie. Père Zacharie souligne : « Le scapulaire introduit dans la fraternité du Carme( …)et il engage à vivre l’idéal de cette famille religieuse – l’amitié intime avec Dieu dans l’oraison - ; nous présente l’exemple des saints et saintes du Carmel avec qui s’établit une relation de frères et sœurs ; exprime la foi en la rencontre avec Dieu dans la vie éternelle avec l’aide de l’intercession et de la protection de Marie » Les frères ne sont pas les seuls présents au Rwanda. Il y a aussi des sœurs, les cloîtrées et les actives. Brièvement voyons leur apport.

Le Carmel féminin au Rwanda

Le Rwanda connaît les sœurs carmélites cloîtrées et les sœurs carmélites de vie active. Parmi ces dernières, nous distinguons : les Sœurs de Vierge Marie du Mont Carmel (ancienne observance) ; les Sœurs Carmélites de l’Enfant- Jésus et, les Sœurs Carmélites Missionnaires Thérésiennes. Qu’apportent – elles à l’Eglise du Rwanda ?

De la dimension spirituelle et communautaire de cette famille (surtout pour les cloîtrées), il faut dire que « prière, formation, travail, récréation et échanges sont la vie quotidienne au Carmel. Par l’Eucharistie et la liturgie des heures, la communauté s’unit à la louange éternelle du Christ en union avec l’Eglise pour le salut du monde. L’oraison personnelle imprègne l’existence des carmélites». Comme apostolat, les Sœurs de vie active assurent le service auprès des malades (les soins de santé et les centres nutritionnels), et aident les pauvres. Elles s’occupent également de la catéchèse, de l’alphabétisation, de l’enseignement et donnent un coup de main à la paroisse.

Défis et perspectives d’avenir

Les défis à relever sont ceux du monde actuel en mutation toujours croissante. Or le Carmel ne vit pas hors du monde. La constitution « Gaudium et Spes », dans son introduction, rappelle que les changements dans le monde sont rapides ; des mutations qui requéraient autrefois des siècles surgissent aujourd’hui en peu de temps ; universels, ils affectent tout et tous ; profonds, ils atteignent tout l’être humain et sa réalité personnelle, familiale et sociale. De façon simplifiée, on peut parler de l’existence des phénomènes comme la sécularisation, la libération, la globalisation et la nouvelle éthique. Le Carmel en est sensible. C’est ainsi que le chapitre général (2003) invite à « Repartir de l’essentiel. Par cette expression, il veut simplement souligner le constant mouvement de reprise du chemin évangélique, nous invitant à une conversion spirituelle. « Repartir » signifie en effet, entre autres, répéter ou accentuer les valeurs essentielles du charisme carmélitain hic et nunc. Il ne s’agit donc pas de nier ce qui s’est fait dans un passé récent ou lointain, mais d’y insuffler un dynamisme croissant qui permette toujours de tendre vers l’idéal que propose Jésus et l’Esprit Saint qui guident la vie des individus, des groupes, de l’Eglise et du monde.


Conclusion

Retenons au terme de notre parcours que l’Ordre du Carmel, institut religieux intégralement ordonnés à la contemplation, exerce une mission importante au Rwanda. Méditer jour et nuit la loi du Seigneur, tel est son style de vie. Cela ne doit pas faire entendre que les Carmes et Carmélites s’enferment dans leurs couvents et monastères vaquant seulement et uniquement au salut de leurs âmes. Ils évangélisent, tant par leur témoignage de vie (de prière) que par l’activité concrète qu’ils exercent.
Le Rwanda bénéficie donc, grâce à la présence des Carmes et Carmélites, du témoignage de vie de prière contemplative. Mais en plus de ce témoignage de présence de Dieu, les Carmes et Carmélites exercent un apostolat actif au service du peuple rwandais. C’est ainsi que l’Ordre réalise ce qui est statué au n°7 du décret « Perfectae Caritatis » : « Les Instituts ordonnés à la contemplation, en sorte que leurs membres vaquent uniquement aux choses de Dieu dans la solitude et le silence, dans la prière assidue et une joyeuse pénitence, conservent toujours, si urgente que soit la nécessité d’un apostolat actif, une place de choix dans le corps mystique du Christ dont les membres n’ont pas tous la même fonction. » L’Ordre du Carmel reste ouvert aux changements du monde actuel en évolution toujours croissante. Il s’adapte aux nouvelles circonstances tout en conservant son charisme propre selon les critères pratiques de rénovation adaptée, tels que définis par le Concile Vatican II au n°3 du décret « Perfectae Caritatis ». Ainsi, il évangélise le monde par son style de vie tant contemplatif qu’actif.
Délégation du Rwanda - Burundi

P. Delegué: P. Camille RATAJCZAK
•Adresse postale : B.P.90 BUTARE - RWANDA
•Téléphone : +250 530465
•Email : kamilratajczak@yahoo.fr

Couvent Noviciat :
•Adresse postale: B.P. 90 BUTARE - RWANDA
•Téléphone : +250 530465
•Email (P. Jean Malicki) : janmatercarmeli@yahoo.fr

Couvent philosophie :
•Adresse postale: D.Sp 119 BUJUMBURA - BURUNDI
•Téléphone : +257 22243243
•Email : sylwanziel@konto.pl

Couvent theologie :
•Adresse postale: Couvent St.Elie
Pères Carmes Déchaux
B.P. 2970 BANGUI - RCA
•Téléphone (P. Frédéric Jaworski)) : +236 70907353; +236 72268222
•Email : fryderyk@karmel.pl; fryderykjaworski@gmail.com
•Skype : fryderykocd
•Site Internet: http://my.opera.com/fryderykocd/


LA DELEGATION
DE LA REPUBLIQUE CENTAFRICAINE

Cette mission dans le diocèse de Bouar est confiée depuis 1971 aux pères carmes de la province de Gênes (Liguria). Ils occupent une vaste zone d’environ 15.250 km2 dans le nord-ouest du pays, dans le diocèse de Bouar. Mais nous avons aussi un grand terrain à Bangui la Capitale. La mission compte actuellement 14 prêtres de quatre nations différentes: 7 Italiens, 5 Centreafricains, 1 Congolais de la RDC et un polonais de la province de Cracovie. Notons aussi la présence des laïcs engagés. Ces personnes-là travaillent dans trois secteurs : la pastorale paroissiale, le domaine social et la formation à la vie religieuse.
Sur le plan pastoral, les pères ont trois paroisses dans les villes suivantes : Baoro, Bossemptele, et Bozoum. Ces paroisses sont entourées de plusieurs succursales que nous appelons ‘paroisses de brousse, dont le nombre augmente chaque année selon le besoin’.
Sur le plan social, les pères ont construit des dispensaires et des centres d’apprentissage pour la menuiserie, la coupe et la couture et l’alphabétisation. Il y a également des écoles primaires et des jardins d’enfants. Ils ont aussi un projet de faire dans la capitale un village agricole multidimensionnel, sur une surface de 150 hectares dans le but de fournir à manger à la population démunie et de donner du travail aux jeunes désœuvrés. Il existe déjà sur ce terrain : des plantations des palmiers sélectionnés, des arbres fruitiers de toute sorte, l’élevage de vaches et un moulin traditionnel de fabrication d’huile de palme.
Pour la formation à la vie religieuse, il y a un petit séminaire conçu comme une pépinière des vocations carmélitaines, c’est pourquoi son programme contient des interruptions au cour de la formation, pour faire le pré-noviciat et le postulat, de telle sorte qu’à la fin des études le finaliste commence directement le noviciat. Il y a aussi un grand séminaire établi en collaboration avec les pères capucins où les frères continuent leur formation pour une durée de 7 ans soit 2 ans de philosophie, 1 an de stage et 4 ans de théologie.
En ce qui me concerne, je suis maître des étudiants dans la communauté, professeur au petit séminaire où j’enseigne l’histoire; professeur au grand séminaire où je dispense quatre matières : Introduction à la théologie, Théologie spirituelle, Théologie de la vie religieuse et Histoire de 25 l’Eglise. Je suis également engagé dans l’apostolat spécifique de l’Ordre comme animateur de retraites et récollections dans le diocèse, accompagnateur spirituel d’un certain nombre de jeunes en recherche, soit pour la vie conjugale, soit pour la vie consacrée. Outre les récollections mensuelles, je totalise cinq retraites annuelles dans 2 ans ; la plus belle est celle que j’ai prêchée dans la capitale Bangui qui rassemblait des religieux, des religieuses et des prêtres venant de différentes familles religieuses. J’aimerais vous dire aussi que j’étais heureux lors de ma première visite au Cameroun pour prêcher la retraite des carmes laïcs en préparations à leur profession. Je suis reconnaissant envers le père Emmanuel qui m’a donné cette occasion, et surtout de l’accueil qui m’a été réservé dans leur maison.


ADRESSES DE LA DELEGATION CENTAFRICAINE

Aspiranat – Postulat (petit et moyen séminaire):
•Adresse postale : Séminaire Enfant Jésus- Yolé
Pères Carmes
B.P.2970 BANGUI
•Télephone: +236 70808531(P. Maurice)
•Email: TL8RE@winlink.org

Couvent Noviciat :
•Adresse postale: Couvent N.D. du Mont Carmel
B.P.2970 BANGUI
•Téléphone : +236 70803970 (P. Stefano)
•Email : stefano.molon@yahoo.fr (P. Stefano)

Couvent philosophie et théologie :
•Adresse postale: Couvent St.Elie
Pères Carmes
B.P.2970 BANGUI
•Téléphone : +236 70808720 (P. Marcello)
•Email : stelie.bouar@tiscali.it





ADRESSES DES MAISONS DE FORMATION
ETAT - FEVRIER 2008

Délégation du Cameroun (Province de Lombardie)

P. Delegué: P. Giorgio Peruzzotti

•Adresse postale : B.P.185 – C47
•Téléphone : +237 75221830
•Email : ocdnkolbisson@yahoo.fr

Couvent philosophie :
•Adresse postale: Scolasticat Edith Stein de NKOLBISSON
B.P. 185 – C 47 YAOUNDE
•Téléphone : +237 77867790
•Email (P.René) : reneocd2001@yahoo.fr
Délégation de la Centrafrique (Prov. De Gênes)

Délégation d'Espagne en Côte d'Ivoire et Burkina Faso

P. Delegué: P. Maximiliano Herraiz

•Adresse postale : B.P. ABIDJAN – COTE D’IVOIRE
•Téléphone :
•Email : maxiocd@hotmail.com

Couvent Noviciat :
•Adresse postale: B.P. 35 DEDOUGOU – BURKINA FASO
•Téléphone : +226 20520355 / 70120774
•Email : ocdburkina@yahoo.fr

Couvent philosophie et théologie :
•Adresse postale: B.P. ABIDJAN – COTE D’IVOIRE
•Téléphone : +225 21587794 / 01283137
•Email : koblafia@hotmail.com

Commissariat du Madagascar et Océan Indien

P. Commissaire: P. Fabien RAHARILAMBONIANINA
• Adresse postale : Pères Carmes
68, Rue Joseph Bédier
B.P. 15 – 97450 SAINT LOUIS – LA RÉUNION
Téléphone : +262 92202849
• Email : com.pro123@wanadoo.fr

Couvent Noviciat :
•Adresse postale: Pères Carmes Lot IT 72 Bis ITAOSY
102 ANTANANARIVO - MADAGASCAR
•Téléphone : +261 202225976
•Email : vincemadocd@yahoo.fr

Couvent philosophie :
•Adresse postale: Couvent Jean de la Croix
Lot II Y 34 A Ampasanimalo
101 ANTANANARIVO
•Téléphone (P.Moizy) : +261 330748465
•Email (P.Moizy) : moiseocd@hotmail.com

Couvent theologie :
•Adresse postale: Couvent Jean de la Croix
Lot II Y 34 A Ampasanimalo
101 ANTANANARIVO
•Téléphone (P.Cesare) : +261 202231502
•Email (P.Cesare) : ocdtana@moov.mg

Postulat: Pères Carmes Sanctuaire Notre Dame du Carmel
Ambarilavo – Moramanga (Madagascar)